| Le
Caféier et ses bienfaits |
Le
Caféier
:
(Coffea arabica). Famille des Rubiacées. Cet arbrisseau,
toujours vert, est sans doute originaire de l'Éthiopie et
de l'Afrique, puisqu'on trouve plusieurs espèces de Caféiers
sauvages autour du lac Tana (Éthiopie), en Angola, au Cameroun
et en Côte-d'Ivoire. Ses feuilles, ovales et opposées,
lisses et luisantes, ressemblent à celles du Laurier ou du
Citronnier, et ses fleurs,
blanches, au parfum de Jasmin, ont une durée très
éphémère. Le fruit, vert pâle, de forme
ovoïde, devient très vite rouge, et sa pulpe molle et
sucrée renferme deux graines. Ces graines torréfiées
deviennent très aromatiques et servent à préparer
le café.
Homère vante - déjà, dans l'Odyssée,
une certaine plante, le népenthès, qui n'est autre
que le café et qui dissipe miraculeusement la tristesse;
la belle Hélène en offre à Télémaque,
mélangé à du vin, ce qui semble prouver que
la belle n'avait guère de vertus ménagères!
avaient l'habitude d'aller brouter sur les pentes des collines voisines.
Kaldi, leur berger, remarqua le comportement anormal de
son troupeau qui, même le soir venu, n'arrivait pas à
trouver le sommeil et le calme. Il découvrit qu'un arbuste
aux
fruits rouges semblait attirer tout particulièrement ses
chèvres. Le muphti, averti, essaya sur lui-même l'effet
du breuvage, obtenu par infusion de quelques fruits desséchés,
et se sentit envahi alors d'une merveilleuse exaltation: son esprit
resta éveillé et dispos,
sans que son corps cède au sommeil; tous les saints hommes
du couvent, à sa suite, burent l'infusion, afin de gagner
sur le sommeil quelques heures de plus à consacrer à
la prière et au recueillement. Et c'est ainsi que le café
entra dans l'histoire.
Son usage se répandit d'abord dans l'Arabie Heureuse, lieu
de sa découverte, et longtemps les Arabes en conservèrent
le monopole. Vers 1615, il entra pour la première fois en
Europe, à Venise. On raconte que c'est la défaite
des Turcs, battus par Sobieski en 1683, qui donna naissance au 1’’café
viennois‘’, de réputation mondiale. Parmi le
butin dont les vainqueurs s'étaient
emparés se trouvaient cinq cents sacs de café, qu'un
soldat, qui s'était distingué par son héroïsme
au combat, fut autorisé à emporter. Il fonda à
Vienne un établissement public où l'on servait du
café et inventa, pour le servir, une nouvelle manière,
autre que celle dite ‘’à la turque’’:
il le filtra et le servit avec du sucre et de la crème.
En France, c'est Soliman Aga, ambassadeur du sultan Mohamed IV,
chargé de conclure une alliance avec Louis XIV, qui
nous le fit connaître. Afin de s'attirer les bonnes grâces
de la haute société, il offrit de riches réceptions
dans une somptueuse demeure de Versailles, installée à
l'orientale. Des esclaves à peau sombre offraient du café,
qui ne tarda pas à devenir la boisson à la mode. Molière,
dans son Bourgeois gentilhomme, ne manque pas de dénoncer
ce snobisme...
1702 est une date marquante dans l'histoire du café et dans
celle des mouvements littéraires et intellectuels. C'est
cette année-là que le Sicilien Procopio dei Cultelli
installa, face au Théâtre-Français, un vaste
et luxueux ‘’café’’ où on
servait du chocolat, des liqueurs, des glaces, des pâtisseries
et, bien sûr, du café. Le café Procope, qui
acquit très vite une réputation universelle, attira
surtout les grands philosophes et ‘’encyclopédistes’’
du XVIIIe siècle, de Diderot à Fontenelle, en passant
par Helvétius,
d'Alembert et Voltaire, lequel, pour sa part, s'installait pour
boire jusqu'à 20 tasses de café par jour.
On ne compte plus, depuis, les écrivains célèbres
qui puisèrent leurs forces intellectuelles dans le café,
depuis Balzac (n'est-ce pas un peu grâce au café que
nous lui devons la Comédie humaine?) jusqu'aux Goncourt et
à Paul Valéry. De nos jours, on reconnaît
toujours au café une action bénéfique dans
les états de fatigue, d'asthénie aussi bien physique
qu'intellectuelle. Le café exerce également une action
stimulante sur la mémoire et rend les sensations plus nettes,
plus perceptibles. Bien que contenant la même
quantité de caféine que le Thé, il est manifeste
que le café a un effet plus excitant que ce dernier: les
feuilles de Thé contiendraient un principe qui neutraliserait
l'effet de la caféine, ce qui explique que le Thé
semble moins actif.
Cette stimulation de l'appareil nerveux s'étend à
tous les autres appareils: circulatoire, digestif, rénal.
le café exerce également une action sur la vésicule
biliaire, dont il augmente les contractions et la sécrétion.
Elevant la production du suc gastrique, il active
la digestion. Recommandé dans les cas d'asthénie,le
café l'est, de même, dans l'hypotension et la bradycardie.
Sa richesse en
potassium, qui explique son effet diurétique, le fait retenir
dans les états d'hypokaliémie et certaines affections
cardiaques.
Dans l’ensemble, les contre-indications du café sont,
tout compte fait, assez rares: quelques syndromes coronariens, les
accès de goutte, l'insomnie rebelle, quelques incompatibilités
hépatiques et vésiculaires, peu de chose en somme,
par rapport aux interdits dont on le frappait. les auteurs actuels
traitant de l'athérosclérose, de la lithiase urinaire
et de l'hypertension admettent même un usage modéré
du café.
Avant de frapper d'ostracisme cette merveilleuse boisson universelle
que Talleyrand décrivait ainsi: ‘’noir comme
le diable, chaud comme l'enfer, pur comme un ange, doux comme l'amour’’,
il conviendrait également de faire des nuances selon les
espèces de café ‘’arabica’’
ou ‘’robusta’’, ainsi que l'ont démontré
certains travaux de l'Académie de médecine. Le café
‘’arabica’’ peut, selon leurs conclusions,
être considéré comme ‘’un café
naturellement semi décaféiné’’,
ce qui permet donc de lever la plupart des interdictions du café.
Le café ‘’robusta’’, en revanche,
qui contient une quantité de caféine de l'ordre de
celle qui est employée en thérapeutique, peut être
préféré par les amateurs lorsque le café
leur est recommandé.
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