| Remèdes
reconnus des plantes bienfaisantes |
ALCOOLAT
DE FIORAVANTI
On l’appelle aussi « alcoolat de térébenthine
composé » ou « baume de Fioravanti ». Son
inventeur était un médecin empirique italien, né
et mort à Bologne (vers 1520-1588). Ce baume est obtenu par
macération des substances aromatiques et résineuses
dans l’alcool (térébenthine, myrrhe, baies de
Laurier, Aloès, Gingembre, Cannelle, Girofle, Muscade, Dictame
de Crète, etc.). On laisse en contact quelques jours, puis
on distille le tout. Jadis employé pour l’usage interne
contre les coliques néphrétiques, l’alcoolat
de Fioravanti n’est plus utilisé qu’à
l’extérieur, en frictions dans les rhumatismes et le
rachitisme.
BAUME DU COMMANDEUR
Très populaire, il portait de nombreux noms : teinture balsamique,
élixir traumatique, baume du commandeur de Pernes, baume
du chevalier de Saint-Victor, baume des innocents, baume catholiques,
baume vulnéraire anglais, baume persique. La racine d’Angélique,
le Millepertuis, la myrrhe, l’oliban, l’Aloès,
le benjoin et le baume de Tolù, mêlés à
l’alcool, le composent. Jadis utilisé même à
l’intérieur comme cordial et vulnéraire, le
baume du commandeur ne servit plus ensuite que pour l’usage
externe contre les ulcères et les plaies, dont il arrête
les hémorragies et facilite la cicatrisation.
BAUME NERVAL
(Encore appelé pommade Nerval [ou nervine], onguent nervin).
Mélange d’huile d’œillette, de moelle de
bœuf, de beurre de Muscade, d’huiles de Girofle et de
Romarin, auquel on ajoute du camphre et du baume de Tolù,
cette pommade jaune-brun possède une odeur très aromatique.
Elle est excellente contre les entorses et les douleurs rhumatismales.
BAUME OPODELDOCH
Il porte beaucoup d’autres noms, dont savon ammoniacal camphré,
liniment ammoniacal camphré composé, saponule ammoniacal
de Steers. Composée en principe de savon animal, d’ammoniaque,
de camphre, d’alcool et d’essences de thym et de Romarin,
cette préparation d’origine anglaise, varie dans les
formulaires des différents pays d’Europe. Elle était
très employée contre les rhumatismes et contre les
entorses.
BAUME TRANQUILLE
(Encore appelé huile de narcotique.) Composé par deux
capucins empiriques, le P. Tranquille et le P. Rousseau (protégés
par Condé), le remède fit fureur à l’époque,
et Mme de Sévigné, guérie par lui de ses douleurs,
chantait bien haut les louanges de ce « baume souverain »,
qui passait alors pour guérir tous les maux. Il entrait dans
sa composition au moins une vingtaine de plantes infusées
dans l’huile, dont la Stramoine, le Tabac, la Mandragore,
le Pavot et plusieurs Labiées aromatiques, et l’ensemble
était corsé « d’autant de gros Crapauds
qu’il y a d’huile ». Les crapauds disparurent
d’abord de la formule, puis, peu à peu, les plantes
utilisées devinrent moins nombreuses ; néanmoins,
il y a peu de temps, le baume du P. Tranquille était encore
un remède externe fort répandu contre les maux d’oreilles
et les douleurs rhumatismales.
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