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"Le Très - Haut a fait produire à la terre des médicaments et l'Homme sage ne doit pas les dédaigner"
 
Le Tabac

Le Tabac : (Nicotiana tabacum), Famille des Solanacées.
Cette très belle plante, au port majestueux, pourrait passer pour ornementale, car, avec ses grandes et larges feuilles nervurées d'un beau vert franc et ses fleurs en corymbes roses ou pourpres, elle a un aspect très décoratif.
Introduit en Europe après la conquête du Nouveau Monde par Christophe Colomb, en 1492, le Tabac était connu et utilisé par les populations précolombiennes pour ses effets à la fois toniques et reposants.
Les Aztèques en fabriquaient déjà des cigares, composés d'une feuille de Tabac enroulée autour d'un roseau, et qu'ils fumaient dans un dessein rituel ou thérapeutique.
C'est à l'ambassadeur de France au Portugal, Nicot de Villemain, que revient l'honneur ou la responsabilité de l'avoir introduit en France, en 1650 : il fit présent de Tabac, en habile courtisan
qu'il était, à la reine, Marie de Médicis, dans l'espoir de la soulager de ses migraines tenaces (en réalité, cette priorité est contestée, certains attribuant l'introduction du Tabac en France à un
marin dieppois, Grignon, ou à un moine appelé Thivet, lequel, en fait, nous ayant laissé un écrit slir le Tabac datant de 1556, semble en droit de revendiquer la priorité).
Quoi qu'il en soit, le Tabac reçut son nom savant, Nicotiana tabacum, en l'honneur de Nicot, après avoir été appelé d'abord Pétun, du nom que lui donnaient les indigènes, ou Tabago, du nom de la petite île de Cuba où les Portugais virent, pour la première fois, des Indiens le fumer.
En l'honneur de la reine, le Tabac fut appelé Herbe à la royne, Catherinaire ou Médicée, mais bien d'autres noms lui furent donnés: Herbe de Sainte- Croix, Herbe de Tarnabon, Herbe de l'ambassadeur, Herbe sainte, Panacée antarctique. S'il restait plus volontiers, pour tous, l'Herbe à Nicot, on lui donnait aussi l'appellation suprême d'Herbe à tous les maux. C'est ainsi qu'Olivier de Serres classe dans les plantes médicinales cette panacée d'audelà des mers Il qui guérit les brûlures, plaies et douleurs, vieille toux, mal de teste, mal de dents Il.
Le Tabac eut ses détracteurs, dont les principaux furent le pape Urbain VIII, qui menaça d'excommunication, en 1628, quiconque en fumerait; le shah de Perse, qui, plus radical, faisait tout
simplement empaler priseurs et fumeurs; puis Jacques 1er, roi d'Angleterre, qui l'interdit et écrivit contre lui un livre, le Misocapnos, dans lequel il disait que le Tabac est une herbe " dégoûtante à la vue, repoussante pour l'odorat, dangereuse pour la santé, malfaisante pour le cerveau, dont les
exhalaisons semblent sortir des antres infernaux".
Mais le Tabac eut aussi ses défenseurs, tels le médecin anglais Thorins, qui lui consacra un poème en latin: Hymnus tabaci, ou le Flamand Julius Neander, qui écrivit en son honneur Tabacologia.
Dans le public, on commença à l'utiliser comme "masticatoire", considéré à cette époque comme moyen "de faciliter l'écoulement de l'humeur salivaire déposée dans la masse du sang et des
filtres glandulaires"; puis comme "sternutatoire" pour dégager par l'éternuement les "humeurs peccantes" ou, tout au moins, les sécrétions nasales ou pharyngées. Enfin on le fuma.
Admis au Codex de 1748 et officialisé par Tournefort, qui l'inscrivit dans sa Classification des plantes, le Tabac commença, d'autre part, sa carrière de panacée. Même les plus célèbres médecins voyaient en lui l'"herbe à tous les maux". On l'employait en infusion
comme purgatif et vermifuge, mais aussi dans l'asthme, la toux, les catarrhes bronchiques (le sirop de Quercetan, simple décoction de Tabac, était célèbre).
L'illustre Van Swieten l'employait en fomentations contre le rhumatisme et la goutte; Boerhaave en faisait le spécifique des douleurs et des névralgies; Lazare Rivière, autre célébrité, l'utilisait dans l'épilepsie, et pour Mérat c'était le meilleur lavement purgatif pour les paralytiques. Bartholin, médecin danois du XVIIesiècle, l'employait contre les ascites, l'hydropisie et l'anasarque,
et le grand Trousseau, plus près de nous, le conseillait pour "éclaircir la vue". Cette herbe à tous les maux, mêlée à la moelle de boeuf, arrêtait également la chute des cheveux, luttait contre les maux d'oreilles et les maux de dents, à condition de la mâcher jusqu'au vomissement, et sa cendre
servait à blanchir les dents. C'était aussi un antiparasitaire contre les poux, les puces et la gale. On l'utilisait aussi, de curieuse façon, en fumigations dans le rectum pour rappeler les noyés à la
vie: le mode d'administration, qui ne manquait pas de pittoresque, se faisait grâce à des appareils dont le plus perfectionné, celui de Gaubius, était un soufflet de cuisine dont on avait, avec
sollicitude, garni le tuyau de cuir, pour ne pas blesser le rectum du patient.
En cherchant bien, il est peu de systèmes : nerveux, digestif. pulmonaire, urinaire..., pour lequel le Tabac n'ait pas été prôné.
Cette énumération n'est pas pour autant destinée à encourager les fumeurs, car les méfaits du Tabac (cancer du poumon et de la bouche, toux, amaigrissement, maux d'estomac, troubles cardiaques, etc.) ont été bien prouvés à notre époque moderne.
De toutes les vertus dont on parait l'Herbe à tous les maux, il ne reste plus, peut-être, que celle, plus psychique que physique, que George Sand lui attribuait par le truchement du cigare, dont elle était grand amateur: "Le cigare endort la douleur et peuple la solitude de mille gracieuses images." de l'hindou Tamari hindi, qui signifie "datte de l'Inde" On utilise la pulpe du fruit, de saveur
sucrée et aigrelette. Cette pulpe séchée, qui est une des provisions de bouche emportée par les caravanes, sert aussi à faire un sirop rafraîchissant servi dans les cafés en Algérie, en Italie.
C'est un laxatif doux que l'on peut utiliser en tisane agréable et légèrement acidulée, à la dose de 50 g par litre. Mais, dans nos pays, on absorbe plutôt la pulpe mondée, à raison de 10 à 50 g par jour.

 
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Plante du jour: L'ABSINTHE

-Artemisia absinthium, connue également sous le nom de Grande Absinthe, Absinthe commune ou officinale, Alvine, Herbe aux vers.

-Utilisée comme vermifuge, combat la paresse et les maladies d'estomac, soulage les rhumatismes et fait venir les regles.

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